vendredi 21 décembre 2012

prefab UK 100 // perfect housing

notice de montage, archives nationales de Fontainebleau


Mickaël Sendra et Martine Câtel viennent de déposer un splendide projet pour le Parc de Soye, entre Ploemeur et Lorient : le remontage d'une maison préfabriquée américaine "UK 100". Déjà, félicitons le président de la très dynamique association Mémoire de Soye pour avoir redécouvert l'histoire en détail de ce logement idéal dessiné entre 1942 et 1945 par le Building Research Establishment et la Federal Public Housing Authority, version à bas prix de la maison solaire (Solar House // George Fred Keck), elle-même descendante des villas californiennes pour milliardaires... Les Etats-Unis sont, à cette époque, un bien bel exemple du progrès imaginé par l'élite ensuite décliné vers la Middle puis la Working Class. On comprend mieux le rêve américain ! On peut retenir comme responsable politique Philip M. Klutznick (commissioner, Washington, D.C.) et les producteurs Longfellow Building (Portola, Californie), City Lumber Company (Bridgeport, Connecticut) . Quant aux initiales "U.K.", elles évoquent leur destination initiale, le Royaume-Uni, mais celui-ci abandonne ce projet trop coûteux et préfère produire lui-même les logements préfabriqués. La France reprend finalement cette commande pour héberger d'urgence les victimes des bombardements. Il en arrive un peu plus de 8.000 que l'on va implanter dans certaines villes sinistrées : Boulogne-sur-Mer, Le Havre, Pont-Audemer, Caen, Lorient, etc. Il en reste désormais très peu. La dernière restante à Caen (ville du Memorial amnésique), située dans l'école des Beaux-Arts, va très bientôt être détruite : on cherche donc un sauveur, ou un investisseur... Car son intérêt dans l'histoire mondiale de l'architecture moderne est incontestable, on y découvre toute la modernité : préfabrication, transport, montage par éléments, confort, sans compter l'économie des matières et des énergies. En 1945, la maison est une "star" que l'on expose face à la Maison Blanche et devant le Victorian & Albert Museum. Certes, en France, on ne sait pas les "assembler" et on aura bien des problèmes, au point de les surnommer "maisons de carton", titre d'un film tourné au Havre cette année (Matthieu Simon).

Mickaël Sendra and Martine Câtel submitted a splendid project in Lorient (Britain, France), to save a U.S. prefab nammed "UK 100". Already congratulate the President of the dynamic organization "Memoire de Soye" - he have rediscovered the story in detail of this house. Designed between 1942 and 1945 by the Building Research Establishment and the Federal Public Housing Authority, it's a low cost version of the Solar House (George Fred Keck), itself a descendant of California houses(Richard Neutra)... A fine example of progress envisioned by the elite then declined to the Middle and Working Class. We understand better the American Dream! We may retain as politician Philip M. Klutznick (commissioner, Washington, DC) and industrials :  Longfellow Building (Portola, CA), City Lumber Company (Bridgeport, Connecticut). Initials "UK" evoke their original purpose, United Kingdom of course, but U.K. prefers produce himself and finally gives this command too expensive. France takes to host for bombing victims. It comes over 8,000 that we will implement in some cities affected: Boulogne-sur-Mer (Nord), Le Havre, Pont-Audemer and Caen (Normandy), Lorient or Brest (Britain). For their interest in world history of modern architecture is undeniable, Here, we discover all the modernity: prefabrication, transport, mounting elements, and comfort, mention the democratic component of an economy in materials and energy . In 1944-45, this house is a "star" which is exposed in front of the White House and the Victorian & Albert Museum. While in France, it is not really "get" and there will be many problems to the point. The nickname "Our cardboard houses" as a report in Le Havre (by Matthieu Simon).

mercredi 19 décembre 2012

Meuble Oscar // Didier Rozaffy

 


Un ami de ce blog vient de découvrir - bravo ! - le nom du créateur des éléments Oscar : Didier Rozaffy. Preuves ci-dessus et ci-dessous, en provenance des archives de l'Institut national de la propriété industrielle (Inpi.fr). Un dépôt "physique" de six éléments effectué en décembre 1955 : tardif, puisque ces meubles sont imaginés fin 1948 - début 1949 et édités pour être présentés au public dès 1950. En fouillant sur internet, on découvre que ce dépôt "physique" suit de peu celui du brevet de son modèle avec table à abattant. Le premier brevet pour les éléments Oscar date de mai 1949 et se transforme en US-PATENT en 1953. Neuf licences sont actuellement répertoriées sur internet au nom de Didier Rozaffy entre 1949 et 1963 (voir espacenet), toutes relatives aux meubles Oscar - nous pouvons en déduire qu'il inscrit sa carrière sous cette marque et dispose d'une connaissance experte de l'industrie et de son fonctionnement. Nous n'en savons pas plus, pour l'instant... A propos du monde industriel, parlons du lecteur à qui nous devons cette découverte : Olivier Franquet, le spécialiste en récupération de meubles dans les collectivités et les entreprises (les redistribuant ensuite aux antiquaires et galeristes). Son entreprise multiplie les découvertes, du panneau mural 70's au bâtiment C de la Résidence universitaire d'Antony... Les volumes risquent de faire peur aux âmes sensibles. Si vous en êtes, alors, asseyez-vous, calmement, attachez votre ceinture, puis cliquez sur ce lien : old-decors.com.

A friend of this blog (Olivier Franquet, Old Décors) just discovered name of Oscar furniture creator : Didier Rozaffy. Evidence above and below, from the National Institute of Industrial Property (Inpi.fr) archives. Six elements deposit in December 1955, late, since these pieces are patented in may 1949, edited and presented in February 1950. But this difference is not surprising because patent issue floating during the ten years following the war, and few furniture designers submit their works... By searching on the web, we find that the idea of ​​protecting its elements follows some of the deposit of its model-leaf table. He patented the table and realizes that there is not its other elements! Seven licenses are currently listed on the Internet in the name of Didier Rozaffy between 1954 and 1963 (see directorypatent.com), all relating to Oscar furniture - we can deduce that in this part of his career mark and has expert knowledge of industry and its operation. We do not know any more for the moment ...

vendredi 30 novembre 2012

Personne ne bouge ! // sur Arte



Ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de rire. Alors, voilà, la chose peut se faire grâce à une jeune équipe d'Arte qui a mis en image l'Appartement témoin Perret avec une subtilité comique qui n'a d'égal que la pertinence des propos. Écoutons bien, regardons bien, c'est énorme et très fin. Trois personnages et non des moindres - Auguste Perret, René Gabriel et Marcel Gascoin - sont observés sous leur meilleur profil (d'obsessionnels)... Avant que ce ne soit la société tout entière qui ne devienne encore plus folle avec la gadgétisation affiliée à notre bien-aimée consommation de masse. Portrait style "pola" d'une ville moderne qui semble (dé)tournée dans la folie du rationalisme. Des moments cultes : le poteau,  la poële, la couverture chauffante, le bidet, les naturistes, Stalingrad-sur-Mer, les parisiens, la langue des anciens... Bravo à tous ! Un sujet d’Isabelle Foucrier, David Millier et Yohann Le Rallier avec le commentaire de Frédéric Bonnaud. Merci à tous... Le reportage passe dimanche à 17h50 : soutenons l'audience.

An opportunity to laugh, the thing can be done with a great team of the TV channel Arte has imaged the Apartment model Auguste Perret with subtle comic, has equal relevance of the subject. Listen well, look good, it's huge and very fine. Three characters and not least - Auguste Perret, René Gabriel, Marcel Gascoin - are seen at their best profile (obsessive) ... Before it is the society as a whole becomes even crazier with gadgetization affiliated with our beloved mass consumption. Portrait in the style of "Polaroid" in a modern city that seems to be turning into madness rationalism. Worship times: the pole, the stove, the electric blanket, bidet, naturists, Stalingrad-sur-Mer, Paris, the language of the ancient ... Congratulations to all! A subject of Isabelle Foucrier, David Millier and Yohann Le Rallier with the comment Frédéric Bonnaud. Thank you ...

jeudi 22 novembre 2012

Henry-Jacques Le Même // luxe rustique


chalet "Le Caribou", Maison Française , janvier 1950

Dans l'arrière boutique, évoquons Pierre Chapo et la gamme "week-end" de Gautier-Delaye, puis cherchons quelques ancêtres, Guillerme et Chambron, un mot sur l'inévitable Charlotte Perriand... Enfin, arrivons-en à l'initiateur du genre en France : l'architecte Henry-Jacques Le Même qui appartient pleinement à la génération des artistes-décorateurs et ressurgit après-guerre avant de disparaitre du paysage médiatique vers 1950. Formé par Jacques-Emile Rulhmann et proche de Pol Abraham, il débute en construisant un chalet pour la famille Rothschild à Megève, en 1925. C'est là qu'il traçe un triple lien entre "Art déco", "Mouvement moderne" et "traditions populaires", faisant naître une branche de la modernité qui échappe à la radicalité hygiéniste de l'usine-laboratoire pour se fondre dans la robustesse vernaculaire du gîte rural. Après la randonnée en montagne, nos explorateurs du "dehors" cherchent à fuir les intempéries, le froid et l'humidité, la tempête et l'orage, en rentrant dans un "dedans" raffiné et surprotégé. Une odeur de feu de bois se dégage dans un chez-soi protecteur où il est possible de se laisser aller en toute confiance, de s'abandonner. Des planchers lourds, des murs crépis ou lambrissés offrent un intérieur rustique, épais, indestructible. Le confort ne se limite pas à un "équipement", il devient une ambiance qui semble ressurgir de la nuit des temps, puisé dans l'abri primitif où l'homme préhistorique cherchait à se protéger des bêtes sauvages ! C'est dans cet imaginaire qu'il faut se plonger pour découvrir un fragment de la modernité du XXème siècle, quand se multiplient chalets, stations et sanatoriums.

In a back room of a famous antique shop, we discuss the range of Pierre Chapo and "weekend" furniture of Gautier-Delaye, followed with some ancestors as Guillerme Chambron and inevitable Charlotte Perriand ... Finally, we discuss identify an initiator in France: the architect Henry Jacques Le Même fully belongs to the generation of artists and designers resurfaced after the war before disappearing around 1950. Formed by Jacques-Emile Rulhmann and friend of Pol Abraham, he began building a chalet in Megève for the Rothschilds in 1925. He draws a link between "Art Deco", "Modern Movement" and "folk", giving rise a branch of modern radicalism that escapes hygienist factory-laboratory to blend in robustness vernacular cottage. After hiking alpine, our explorers "outside" looking to escape the weather, cold and humidity, storm and tempest, on entering an "inside" refined and overprotected. Smell of fire emerges in a protective home where it is possible to let go confidently to surrender. Heavy floors, paneled or plastered walls provide a rustic interior, thick, indestructible. The comfort is not limited to "equipment", it becomes an atmosphere that seems to resurface from immemorial times, drawn from the primitive shelter where prehistoric man was trying to protect wild animals! It is in this imaginary need to discover a fragment of the modernity in the twentieth century, when multiplied chalets, ski resorts and sanatoriums.

jeudi 15 novembre 2012

Henri Salesse // reportage photographique

via Didier Mouchel, Reportage : Henri Salesse, éd. Gwinzegal, 2008

Séverine Liatard et Séverine Cassar viennent de présenter les photographies d'Henri Salesse sur France Culture (Fabrique de l'histoire). Redécouvert par Didier Mouchel et le Pôle Image Haute-Normandie en 2008, Henri Salesse apparaît atypique parmi les employés du ministère - ce n'est pas faux mais n'oublions pas que le niveau de formation des "photographes industriels" est alors excellent, et c'est surtout le sujet-motif d'Henri Salesse qui est atypique : la misère des quartiers insalubres ! Les photographes français ne sont alors que des techniciens, suivant leur formation et leur statut, et ils s'identifient comme tels, sans jamais se revendiquer autrement... Au Havre, par exemple, l'Etat missionne de nombreux grands photographes entre le bilan des destructions (Adrien Paris) et la propagande touristique de la ville neuve (Lucien Hervé), sans compter le chantier de Reconstruction où se croisent l'Atelier Chevojon et quelques "locaux" remarquables comme Robert Lhommet (cf. isai-canalblog) ou Gilbert Fernez. Pour en revenir au statut du photographe : ce n'est donc pas un artiste-vedette plus ou moins imposé mais un technicien appelé par un autre... Dans bien des domaines, alors que règne la modestie et l'excellence, le génie artistique se cache sous la commande administrative - des choix sont bons et d'autres pas, des photographes excellents et d'autres moins. Pour s'en faire idée plus juste, on peut profiter du fonds récemment mis en ligne par le Ministère dépositaire des archives MRU, où l'on peut voir les reportages d'Henri Salesse et bien d'autres choses : https://mediatheque.developpement-durable.gouv.fr/

Severine Cassar and Severine Liatard presented photographs of Henri Salesse on Radio-France - rediscovered by Didier Mouchel in 2008. Henri Salesse appears unusual among departmental employees - good work, but do not forget that formation of "industrial photographers" is excellent that it is mostly the subject-pattern that is atypical of the great misery slums. French photographers are technicians while, depending on their training and their status, and they identify themselves as such, never claim otherwise ... Nothing at Havre, the state gave missions many great photographers balance between destruction (Adrien Paris) and the promotion of tourism in the new town (Lucien Hervé) ... excluding photographs of the building where cross Reconstruction Workshop Chevojon and some local photographers like Robert Lhommet or Gilbert Fernez. We must return to the status of art: it is not an artist that is needed in this place, it's a technician called by another technician ... Same choices are good and others not, same technicians are excellents and others not. At this time, in many areas, the technician cache "artist" rule while modesty and excellence! See https://mediatheque.developpement-durable.gouv.fr/

dimanche 11 novembre 2012

Marcel Gascoin // interview 1963

Marcel Gascoin en 1962, revue Arts Ménagers n°147, p.142

La Revue de l'ameublement publie dans les années 1960 une série d'interviews des grands décorateurs par Pascal Renous - une très importante ressource pour tous les biographes. On peut lire sur ce blog celle de Jacques Hitier (Jacques Hitier // interview 1964). Maintenant voici celle de Marcel Gascoin faite en 1963. Notons que le personnage est relativement invisible derrière son oeuvre, ses photographies publiées sont rares et ses propos se formulent comme des aphorismes - économie des mots bien dans le goût du milieu du 20ème siècle. Pierre Paulin le décrit comme un cauchois au regard malin, et l'un de ses anciens élèves le présente comme une personnalité simple : "Un petit monsieur, discret, poli, sérieux. Toujours bien mis" (témoignage). Gascoin, trop longtemps oublié, peut-être trop discret, comme ses meubles...

The Revue de l'ameublement publishes in the 1960s a series of interviews with leading designers - a resource for biographers. You can read in this blog Jacques Hitier interviews (Jacques Hitier / / interview 1964). Now here is one of Marcel Gascoin, in 1962. Note that his character is relatively invisible behind his work, portraits are rare and remarks published are formulated as aphorisms - much in the style of mid-century: an economy in words. Pierre Paulin described as a norman under evil, and one of his former students presents as a single character: "A little gentleman, discreet, polite, serious. Always well dressed". Gascoin, too long forgotten, perhaps too quiet, like his furniture ...

mercredi 7 novembre 2012

Emile Seigneur // chaise MPF

photographie via Branca.com

En ce moment même, en vente sur le site Art & Antiques d'Alessandra Branca, cette chaise attribuée à Marcel Gascoin ; une erreur d'identification pouvant très bien se comprendre car ce modèle est un "classique" des créateurs français pendant l'immédiate après-guerre : on y retrouve Marcel Gascoin, Jacques Hauville, Roger Landault et - dans ce cas précis -  Emile Seigneur. Un ancien élève de l'école Boulle qui se spécialise très tôt dans le meuble pour enfant avant de suivre les rails de Gascoin en éditant des équipements pour petits appartements aux "meubles des Provinces de France" (MPF). Il expose au Salon de l'enfance et aux Arts ménagers. Particulièrement célèbres, ses modèles pour enfants sont largement diffusés par l'enseigne "Berceau de France" (voir l'étude du stand aux Arts ménagers de 1949 sur vintage for kids)  - avec des lits gigognes, des meubles par éléments, une commode, une petite chaise... et aussi un berceau en rotin qui va retenir l'attention de Jean Royère -. Au milieu des années 1950, il se spécialise en faisant de son nom une marque : les "Bibliothèques Seigneur" intègrant tous les équipements annexes, y compris cette élégante chaise qu'il a créé en 1951 pour MPF.

At this moment, for sale on the site Alessandra Branca Art & Antiques, this chair attributed to Marcel Gascoin; misidentification may understand because this model is a "classic" French designed during immediate post-war: there are Marcel Gascoin, Jacques Hauville Roger Landault and - in this case - Emile Seigneur. Alumnus of the Boulle school which follows the Gascoin rails when he edits complete sets for "Meubles des Provinces of France" (MPF) between 1949 and 1951. He is particularly known for children models widely distributed by the firm "Berceau of France" (see vintage for kids) - including a rattan cradle will hold attention of Jean Royère - and specialize in children furniture and making a mark with his name in the mid-1950's: "Seigneur Bibliothèque" incorporating all equipment, including this elegant chair created in 1951.

samedi 27 octobre 2012

Solar house // George Fred Keck

La Maison solaire de G.F. Keck, Maison française, juin 1947

Après s'être réfugié aux Etats-Unis, Maurice Barret revient avec le rêve américain en tête. Même si le verre et l'acier manquent totalement en France, il apporte avec lui un paysage avant-gardiste qu'il publie dans la revue Maison française : il s'agit de la "maison solaire" réalisée par l'architecte-ingénieur George Fred Keck en 1946 (Maison Sloan). Presque totalement préfabriquée, orientée pour une gestion optimale de la température (déjà "passive"), elle figure l'idéal américain de la Middle Class et se place à la hauteur esthétique des luxueuses villas de la Côte Ouest. Un objet futuriste et un idéal pour le Français moyen car l'espoir du pavillonnaire est déjà - encore et toujours - dans la majorité des têtes alors même que se dessine un contraste singulier avec les projets de reconstruction en immeubles collectifs. Si des expériences ponctuelles sont menées dans la cité expérimentale de Noisy-le-Sec, le pavillon du plus grand nombre se réduit pourtant au baraquement provisoires équipé d'un simple point d'eau et d'un unique poële à charbon... Mais le modèle américain de Georges F. Keck, c'est avant tout un rêve : une boîte en verre dotée de tout le confort moderne, d'une puissance visuelle démesurée. Toujours aussi prospectif de nos jours, d'un "futurisme intemporel", cet idéal iconographique montre cependant un décalage tragique avec les réalités quotidiennes des années 1940, un décalage qui n'est pas si éloigné du luxueux "art déco" que l'on exhibait sous l'Occupation : ici et là, on veut éduquer le peuple au "bon goût" de quelques privilégiés en passant par l'image. Après la bombe A, l'image est l'autre arme de la Seconde Guerre mondiale - comme l'analyse en temps réel Marshall McLuhan...

Refugee in U.S., Maurice Barret returns in France with an American dream. Even if glass and steel completely lacking in France, he brings with him an extraordinary landscape layouts that will publish in Maison Française magazine: the "solar house" by George Fred Keck in 1940 (called Sloan House). Almost completely prefabricated and oriented for optimal management of temperature ("passive"), it appears American ideal of perfect home for Middle Class, at the height of aesthetic luxury of the West Coast. Also a dream for the average French as hope of pavilion is already - and again - in the majority of heads, even though a singular contrast is drawn between this aspiration and reconstruction projects in apartment buildings or temporary huts. It retains the idea, specific experiments are conducted with the Swedish houses and from other countries in the experimental city of Noisy-le-Sec. However, the American dream is something else: this glass box with all the modern comforts of visual power disproportionate. There is this ideal as an offset tragic iconography with the daily realities of the 1940s, not so far from luxurious art deco that was shown during the Occupation - here and there, we want to educate people to the "good taste" through the image. After the bomb, the image is another weapon born during the Second World War, as will be analyzed in real time Marshall McLuhan ...

mercredi 17 octobre 2012

Marcel Gascoin // études havraises

Atelier menuiserie de l'école pratique du Havre, vers 1910

Les débuts scolaires de Marcel Gascoin vont enfin être connus dans les détails grâce aux recherches de Cyril Beneteau qui mène un travail de bénédictin sur l'histoire du Havre et de sa reconstruction. Grâce à lui, le lycée havrais Jules-Siegfried peut désormais se targuer d'avoir parmi ses anciens élèves l'un de nos de nos plus grand designer : Marcel Gascoin. Un éclairage biographique pertinent car on découvre que celui-ci était élève de 1921 à 1924 à "l'école pratique" et apparaît sur la liste des diplômés de Maistrance. L'actuel Lycée Jules-Siegfried est fondé comme "Ecole Pratique" en 1868, l'option "Ecole de Maistrance" est ajoutée en 1919 pour former des agents de maîtrise et dessinateurs pour les bureaux d’étude en mécaniques dans les chantiers de construction navale. Marcel Gascoin reçoit le brevet dans cette spécialité en 1924-25 avec la mention Bien, option "modelage" - une technique consistant à transposer un dessin ou un prototype en modèle pour une production industrielle concrète. On comprend déjà la future synthèse qu'il va opérer, entre son père qui est lui-même chef d'atelier dans l'école (certainement en menuiserie), son goût pour l'agencement des bateaux et pour le bois (qu'il dira avoir découvert dès l'enfance sur les quais du Havre) et, enfin, sa formation technique en maistrance qui s'avère finalement très proche de sa future carrière - si on considère l'importance du mobilier en bois sur les bateaux à cette époque - même s'il en parle moins que de son futur parcours dans les prestigieuses écoles et institutions parisiennes !

Early school cursus of Marcel Gascoin will finally be known in detail through research that leads Cyril Beneteau painstaking work on the history of Le Havre and its reconstruction. Thanks to him, in Le Havre, the Jules Siegfried High School can now boast among its alumni one of our our largest designer, Marcel Gascoin. Lighting biographical relevant because discovered that he was a student here from 1921 to 1924/25 where it appears on the list of graduates of this Industrial School founded in 1908 for designed to train supervisors and designers for offices mechanical study shipbuilding. Marcel Gascoin will receive a certificate with honors in the "modeling" - specialty of transposing a drawing or prototype model for concrete industrial applications. It already includes future synthesis that will operate between a father foreman in school practice (carpentry), a taste for boats and wood (he discovered from childhood on docks of Le Havre), and finally, the technical training that is ultimately very close to his future career - if one considers the importance of wooden furniture on the boat at this time - even if he speaks less than its future course in the prestigious Parisian institutions!

jeudi 11 octobre 2012

Exposition internationale // urbanisme et habitation

Marcel Gascoin, Sotteville-lès-Rouen, d'après Ensembles modernes

Entre le retour en force de l'Art déco sous l'Occupation (images de France  // 1940-44) et la renaissance du Salon des arts ménagers en 1948 (meubles de série // arts ménagers), le modernisme social apparaît une première fois aux yeux du public dans "l'Exposition internationale de l'urbanisme et de l'habitation" en 1947. Beaucoup critiquèrent alors l’absence de position tranchée d'un Etat qui refusait à la fois la main-mise des avant-gardes internationales et celle des acteurs locaux désireux d’un style "régional". En y regardant de près, principalement en parcourant le numéro 41 du Décor d'aujourd'hui, l'Exposition apparaît finalement cohérente, pleinement dans son temps et certainement plus que le modernisme radical ou le néo-régionalisme : la reconstruction des villes montre des immeubles aux formes neuves et rationnelles dont les plans obéissent à la normalisation nouvelle du confort. L'ameublement suit les principes de production en série car le directeur de l'exposition - Paul Breton - fait appel à Marcel Gascoin pour diriger l'aménagement des appartements exposés. On a juste assez d'acier pour armer le béton et de bois pour l'ameublement, on manque cruellement de charbon pour faire tourner les grosses industries : la modernité doit être économique, tolérante, rester modeste... et l'on comprend ainsi mieux la place de premier ordre offerte à Auguste Perret et René Gabriel et l'abandon des créateurs prônant une innovation dispendieuse. Décideurs et créateurs semblent vouloir en finir avec les doctrines radicales : concilier l'ingéniosité et l'intelligibilité, utiliser la machine, pour démocratiser, et la main de l'homme, pour y ajouter la beauté. Il faut lier la production mécanisée au travail artisanal... Dans une approche mêlant standardisation et Arts & Crafts, chaque ville, chaque projet, chaque intérieur trouve un caractère différent - comme le montre les logements-types exposés, dont les célèbres exemples de Sotteville-lès-Rouen, du Havre et de Boulogne-sur-Mer.

After the comeback artists-decorators during the Occupation (see Images of France), social modernism reborn in the International Exhibition of Urban Planning and Housing, in 1947. Many criticized then absence of clear-cut position of a government which refused the stranglehold of the Parisian avant-garde, on the contrary, others - wanting a style "regional" - denounced the silence imposed on local decision-makers . If you look closely, this exhibition is finally consistent and fully adheres to its time, even more than the "Modern Movement" or neo-regionalism that the Vichy government had sought to revive: the inner planes obey the new standards of comfort and furnishings strictly follows the principles of mass production, the director of exhibition - Paul Breton - who uses Marcel Gascoin to lead stands design. It has just enough steel to reinforce concrete, there is a lack of coal to run industries ... The modernity must be tolerant and economic, to be modest, and it includes the best place in the first rank given to Auguste Perret and René Gabriel. The creators want to finish with the radical doctrines: concillier ingenuity and intelligibility, use the machine to democratize products and hand-make to beauty, connect the mechanization with handcrafted finishes ... Approach in Arts & Crafts revival, every city, every project, every home has a different character - as shown by the three famous examples of Sotteville-lès-Rouen, Le Havre and Boulogne-sur-Mer.

dimanche 7 octobre 2012

1939-1945 collaboration // Images de France

Dominique, Images de France février 1943 .

En 1939 et 1945, l'Union des artistes modernes et le Salon des arts ménagers cessent leurs activités mais le Salon des artistes décorateurs veut se maintenir et un évènement naît en 1940 : le Salon de l’imagerie, associé à la précieuse revue en couleur Images de France - apparition singulière alors que le papier manque... Car les temps sont déjà ceux du cinéma, du visuel s'insérant dans la mode vestimentaire et dans le mobilier. Cette revue donne une juste idée de la création sous l’Occupation et montre la renaissance de l'ancienne génération des artistes décorateurs. Leur élitisme s’associe alors à l’idéologie d’un épanouissement individuel de l’ouvrier dans un savoir-faire de prestige, un travail artisanal qui s’oppose à la frustration de l'ouvrier spécialisé ne voyant pas la finalité de sa tâche : détournement de l’argument socialiste de William Morris car il s’agit là d’intérêts bien particuliers ! La Compagnie des arts français publie dans cette revue une déclaration pleine-page : "la tradition française est de créer", les décorateurs signataires - Adnet, Arbus, Dominique, Jallot, Leleu, Pascaud, Printz, Prou, Rousseau et Lardin - sembler résister à l'Occupant en refusant d’être passéistes. De biens grands mots car les articles prônent la tradition ("perdue" pendant la crise de 1928-38) et s'opposent au modernisme, à la démocratisation. L'artisan prend plaisir en travaillant uniquement pour une richissime élite... Même si les ouvrages semblent ridicules dans le cadre désert du "Palais de New-York" en 1942, où se tient le Salon des artistes décorateurs et où l'on stocke en sous-sol les biens juifs réquisitionnés. Que découvre t'on ? On vante le retour de la ferronneries d’art d'un Gilbert Poillerat et la précieuse marqueterie d'un Jules Leleu. Le seul souci réaliste se limite aux difficultés d’approvisionnement (bois exotiques, tissus) ou aux réquisitions pour l'armement (métaux, solvants), Jean Royère imagine donc un "grenier aménagé sans bon d’achat" faisant de ces contraintes un levier d’action. On découvre aussi le brutalisme "premier" des meubles monoxyles d’Alexandre Noll et l'ambiance autoritaire et rustique d’une maison de campagne décorée par Maurice Jallot. Le style de l'Occupation est dans ce mélange singulier de luxe, d'élitisme et de populisme, il nous montre comment les frustrations sont instrumentalisées derrière la promesse du "bien du peuple" pour finalement servir l'intérêt d'un petit monde de privilégiés...

In 1940, Union of modern artists and homework exhibition named “Salon des arts ménagers” cease their activities, but artists decorators maintains an event and a picture exhibition born, combined with precious color magazine Images de France - singular appearance when paper runs out ... For this times they are already cinema, visual inserting in fashion clothing and furniture. Reading this magazine gives us a fair idea of creating during Occupation and we see that it is the 1925 generation of decorative artists who survive best. Their elitism is then associated with an ideology of individual development worker in a manual skill prestigious craftsmanship that opposes frustration of skilled worker not seeing the purpose of its task… An socialist argument of William Morris against mechanization, because it is of interest more than know-how. The French Company of Art publishes in this review a full-page statement: "The French tradition is to create" decorators signatories - Adnet, Arbus, Dominique, Jallot, Leleu, Pascaud, Printz, Prou, Rousseau and Lardin - argue that If they refuse to be backward-looking. Property for big words Images de France advocates tradition ("lost" during 1928-30 crisis) and opposes Modernism especially idea of democratization. The craftsman then works only for wealthy elite ... It boasts the return of ironwork art of Gilbert Poillerat  or a Jules Leleu precious inlay - even if their works seem ridiculous in the Palais de New-York (now Palais de Tokyo), where empty stands Salon decorators. Realistic concern is limited to certain supply difficulties (exotic woods, fabrics) or requisitions for weapons (metals, solvents). Jean Royère imagines an "attic without voucher" constraints by a lever action. We also discover the brutalism furniture with canoes Alexandre Noll and furniture of a neo-rustic cottage Maurice Jallot. Unique blend of luxury, elitism and Folk art: it is the new style of the Occupation! And we can understand how frustration combined with the democratic "good for people" promise can serve interests of a little world ...

dimanche 30 septembre 2012

BLOG // BILAN



Le blog accueille chaque jour plus de 200 visites, dont 25% en international (majoritairement des Etats-Unis), la source étant à 90% Google. Son point fort réside dans les illustrations et les mots-clefs touchant à quelques grands noms du design (dans l'ordre de pertinence : René Gabriel, meuble Oscar, Jacques Hauville, Jacques Hitier, Marcel Gascoin). La page "collection GG" reçoit le plus de visiteurs, ce qui donne une juste idée des lecteurs... Principalement des amateurs, experts, galeristes, architectes, designers et - depuis peu - étudiants, journalistes, historiens d'art, etc. suivant les contacts que j'ai pu établir par mail. Cependant, l'absence de participation me conduit à changer de formule. Les articles ont une allure de cours magistral alors que le principe même d'Internet est de provoquer l'échange par des formules brèves et subjectives, laissant la porte ouverte aux questions et contradictions... Désormais, l'intégralité du texte va apparaître sur la page de présentation (le tout traduit en fr'anglais) avec un clic conduisant aux illustrations. Des textes également plus engagés car il s'agit aussi de notre avenir : la crise actuelle marque l'achèvement d'un modèle, sans doute une régression de la main d'oeuvre à faible coût dans des pays lointains, la fin des transports bradés. S'il faut nous ré-industrialiser, montrons une histoire intelligente, celle d'une modernité modeste, disons plus humaine et moins sottement consumériste, celle que l'on peut découvrir dans la Reconstruction...

Art Utile (Useful Art) receives 200 daily visits, 25% international (mostly U.S.). Its strength lies in the illustrations and keywords related to famous french utility desiners (in order: René Gabriel, Oscar, Jacques Hauville, Jacques Hitier, Marcel Gascoin). The "GG Collection" has the most visitors, which gives a fair idea of ​​readers ... Mainly amateurs, experts, dealers, architects, designers and - recently - students, journalists, art historians, etc.. following the contacts that I have established. However, I remain dissatisfied the lack of participation leads me to change the formula. Items too long to give a lecture pace while the principle of the internet is cause by exchange of brief and subjective purposes, leaving a greater openness to the contradiction ... Now, the full text will appear on homepage, fully translated in (fr)english, click on the message leading to the illustrations. Texts more involved because it is also our Future: the current crisis marks the end of a model, probably a regression of the low labor cost in distant countries, the decline in transport sold off. If we re-industrialize, show an intelligent story, that of a modest modernity , say more human and less consumerist foolishly, that we can rediscover during Reconstruction ...

jeudi 12 juillet 2012

Art utile // Villes vernaculaires

dessin André Scobeltzine


"Art Utile" se met en pause. En attendant, je vous propose de faire un tour sur un autre blog dont je suis l'un des webmasters : LES VILLES VERNACULAIRES. Il y est question d'architecture contemporaine (cf. Un nouvel art d'édifier // manifeste d'Esprit). En voici l'introduction : Vers un nouvel art de bâtir - nos villes vont bientôt cesser d’être le bras armé d’une vieille doctrine totalitaire : celle du robot-ogre, globalisé et normalisé dont la beauté de brute ne s’exprime qu’en formatant ses habitants et en violant les paysages. Elles vont se différencier peu à peu les unes des autres comme autant de concrétions naturelles où s’accumulent les ressources locales, les cultures, les désirs et les savoir-faire. Le ton est plus vif, le militantisme perceptible, c'est du design plus large, dans le présent et surtout dans la prospective ! Bonne visite.

"Art utile" is on stand by. In the meantime, I suggest you take a ride on another blog which I'm one of webmasters: LES VILLES VERNACULAIRES - vernacular cities. It deals with contemporary architecture. Here's Introduction: "Towards a new way to build - our cities will soon cease to be the armed wing of an old totalitarian doctrine: that the robot-Ogre, globalized and standardized brute whose beauty is expressed that 'by formatting its inhabitants and raping landscapes. They will gradually differentiate from each other as so many natural formations which accumulate local resources, cultures, desires and skills". The tone is brighter, visible activism, this design is wider, in present and even in foresight! Enjoy your visit.

lundi 9 juillet 2012

SAD n°31 1945 // meubles d'urgence


Meubles et caisses de transport, René Gabriel, SAD 1945, Décor d'aujourd'hui n°35

Le Salon des artistes décorateurs de 1945 est présenté dans le Palais de New-York (actuel Palais de Tokyo), il se divise en deux sections aux projets très opposés... La première prolonge les créations de luxe imaginées sous l’Occupation et concerne des œuvres que l’on présente dès lors comme le témoignage vivant d’un art français capable de surmonter les épreuves (Images de France // 1940-44)... Mais cette justification facile se plie trop évidemment aux intérêts de certains et ne trompe finalement personne. La seule création digne d'intérêt relativement à son temps est celle de la seconde section consacrée aux meubles d'urgence avec le retour de décorateurs ayant une vocation plus "démocratique" : Maurice Dufrêne, Suzanne Guiguichon, Etienne-Henri Martin, Albert Guénot, et surtout la confirmation d'un maître du genre, René Gabriel.

Decorative Arts exhibition of 1945 is presented in the Palais de Tokyo, Paris, it is divided into two sections - very opposite: the first extends luxurious creations imagined during the war and for works that we therefore present as a French art capable of overcoming adversity ... But this justification folds easy too obviously certain interests. The creation is in the second section on emergency furniture, with a return of Maurice Dufrêne, attempts Suzanne Guiguichon, Etienne-Henri Martin, Albert Guénot, and especially the confirmation of a master : René Gabriel.

dimanche 1 juillet 2012

Tabouret 3-positions // Gascoin


Voici un moment important dans l'histoire du mobilier pour enfant : en tant que symbole de l'introduction du meuble évolutif dans l'espace domestique, le tabouret 3-positions est l'une des créations emblématiques de Marcel Gascoin. Il en existe de nombreuses variantes et on le retrouve aujourd'hui encore diffusé sous plusieurs marques. Voyage pour retracer les principales étapes de son invention entre 1947 et 1950.

Important moment in the history of "children design furniture" as a symbol of the introduction of flexible furniture in domestic space, the 3-position stool is one of most emblematic creations of Marcel Gascoin. There are many variants and is found today released by different brands. Ttrip to retrace steps of this invention, between 1947 and 1950.

jeudi 28 juin 2012

SAD n°35 1949 // catalogue


Présenté du 10 juin au 15 juillet 1949 au Grand-Palais, le 35e Salon de la Société des artistes décorateurs se veut une synthèse autour des "âges de la vie", ce sujet devant servir de prétexte pour aborder tous les types de production. Laissons donc de côté "l'âge viril" (qui nous montre que la rudesse n'est pas propre aux modernes radicaux !) ainsi que ceux de la maturité et de la discrétion - acaparés par les vieux maîtres de l'Art déco - et regardons les trois sections consacrées aux meubles de série : l'enfance dirigée par Colette Guéden, la jeunesse par Marcel Gascoin, et enfin "l'hôtellerie et le tourisme" par René Gabriel. Petite visite en parcourant le listing du catalogue officiel.

Presented in the Grand Palais, June to July 1949, the 35th Exhibition of the Society of Decorative Artists (SAD) is a synthesis around the "ages of life", this matter would be an excuse to address all types of production. Let us leave aside "manhood" (which shows that roughness is not just to modern radicalism!) As well as maturity and discretion ages - old masters of Art Deco field - and look at three sections for industrial furniture : Children led by Colette Gueden, youth by Marcel Gascoin, and finally "hotels and tourism" by René Gabriel. Short visit in listing of official catalog.

samedi 23 juin 2012

Habitat d'urgence // exposition


Inauguration ce matin, 11h,  à l'Atelier Perret  de la première exposition sur l'habitat d'urgence au Havre. Avec la projection d'un film de Matthieu Simon : Nos maisons en carton comprenant les interviews de nombreux habitants des anciennes "cités provisoires". On y découvre aussi tous les meubles de sinistrés (entre autre de la collection GG) et la reproduction de quelques plans de René Gabriel provenant des Archives nationales de Fontainebleau. En vitrine, des galoches, des annuaires, et le souvenir d'un habitant célèbre au Havre : Julien Guillemard. Il aurait fallu citer aussi Gilles-Maurice Dumoulin... Ci-après, l'intégralité des textes présentés dans l'exposition.

Inauguration this morning, 11am, Atelier Perret, the first exhibition on emergency shelter in Le Havre. With a film of Matthieu Simon: Nos maisons en carton / Our cardboard houses - including interviews with many residents of temporary housing after the ww2. And also furniture (collection GG) and some René Gabriel blueprints (from the National Archives of Fontainebleau). On Display: vintage clogs, directories, and the illustrated diary of Julien Guillemard.

vendredi 22 juin 2012

Biographies des décorateurs


Un emprunt au site de la galerie belge Thierry Camu (Thierry Camu Gallery, Chaussée de Waterloo, 373, 1050 Bruxelles) qui nous offre sur son site les biographies des artistes décorateurs. Ce n'est pas tout à fait notre période, et les références au verre, à la céramique et à la tapisserie sont nombreuses, mais on y retrouve un grand nombre de décorateurs de la Reconstruction : Jacques Adnet, René-Jean Caillette, Renan de la Godelinais, Michel Dufet, Jacques Dumond, Jean Fressinet, René Gabriel, Gustave Gautier, Georges Goetz, Suzanne Guiguichon, Georges Jouve, Etienne-Henri Martin, Mathieu Matégot, Jacques Mottheau, Alexandre Noll, Maxime Old, Jean Pascaud, Geneviève Pons, Maurice Pré, Renou André & Genisset Jean-Pierre, Jean Royère, Louis Sognot.

A loan to the belgian gallery website of Thierry Camu (Thierry Camu Gallery, Chaussee de Waterloo, 373, 1050 Brussels), which offers artist decorators biographies. It's not really our period, and references to glass, ceramics and tapestry are numerous, but we find many designers of Reconstruction: Jacques Adnet, René-Jean Caillette, Renan de la Godelinais, Michel Dufet, Jacques Dumond, Jean Fressinet, René Gabriel, Gustave Gautier, Georges Goetz, Suzanne Guiguichon, Georges Jouve, Etienne-Henri Martin, Mathieu Matégot, Jacques Mottheau, Alexandre Noll, Maxime Old, Jean Pascaud, Geneviève Pons, Maurice Pré, Renou André & Genisset Jean-Pierre, Jean Royère, Louis Sognot.

mardi 19 juin 2012

collection GG // le book

fauteuils, René Gabriel

Le but de ce blog est de faire découvrir le mobilier et les objets qui succèdent immédiatement à la Seconde Guerre mondiale : le style Reconstruction. Comme en architecture, ils sont longtemps restés sous-considérés pour ne laisser place qu'au modernisme radical. Heureusement, l'interprétation change depuis une dizaine d'années mais le chemin traçé par quelques historiens de l'architecture reste à parcourir dans bien d'autres domaines... Partout, il manque une branche Arts & Crafts, plus féminine et moins intransigeante... Pour le montrer, nous réalisons le "book" de notre collection, consultable sur ce blog - des photographies vite-faites sur fond d'agglos - et plus de deux cents en réserve : collection GG // meubles . Ces meubles peuvent être prêtés gracieusement aux musées et autres institutions culturelles.

The purpose of this blog is to show furniture and objects accompanying reconstruction after World War II. As in french architecture, furniture have long been under-treated for allowing only radical modernism. Interpretation changes but the path traced by historians of architecture remains much to be done in furniture design ... Story is more beautiful with a touch of Arts & Crafts! Pause to realize the "book" of our collection available on this blog. Photographs on a simple bottom wall of breeze blocks because we have two hundred in stock ... cf. collection GG // meubles : this furniture is graciously loaned to museums.

mardi 12 juin 2012

René Gabriel // Appartement témoin Perret

ph. Eric Garzena - Pierre Gencey

Petite séance de photographies nécessaire pour obtenir des "visuels" de l'Appartement témoin Perret. Absence de lumières ajoutées, recherche d'un équilibre entre les noir-et-blanc et les couleurs correspondant à une époque "d'avant la couleur", où les volumes importent autant que les jeux de coloriste. Une occasion pour redécouvrir le séjour de René Gabriel présenté en 1947 (Exposition internationale // urbanisme et habitation) et reconstitué dans l'Appartement témoin Perret au Havre avec quelques céramiques pour les amateurs du genre - comme celles du maître Pigaglio ou du jeune Apollon...

Shooting needed to get a "visual" of the Appartement témoin Perret. Absence of added lights, finding a balance between black & white and color corresponding to a time "before the color", where volumes are as important as colorism. An opportunity to rediscover the living room of René Gabriel in Le Havre model apartment and some ceramics for fans - such as the master Pigaglio or the young "Apollon".

mercredi 30 mai 2012

Chaises UAM // prix utiles

Prix d'une trentaine de chaises sélectionnées par l'UAM en 1950 et 1953, faisant apparaître une médiane à 100 euros

En 1950 et en 1952, l'UAM devenue "Formes Utiles" présente dans ses stands une sélection d'une trentaine de chaises. Les prix de vente apparaissent et l'on peut donc les rapporter en euros constants (tableau Insee), voir la répartition des prix puis les classer en catégories : discount à 50€, prix médian à 100€, haut de gamme à 150€, puis le "moderne chic" allant au-delà pour rejoindre les tarifs des artistes décorateurs... Notons déjà que les prix des chaises (et des meubles, ainsi que de la plupart des objets domestiques) ont peu changé. De fait, ces prix sont presque constants depuis le début du XXème siècle : tout change et rien ne change. Enfin, c'est surtout l'occasion de voir les tarifs pratiqués par les créateurs de série pour enfoncer les clous, et boucler les becs : Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

In early 1950's, U.A.M. stands presents a selection of thirty chairs. Like many everyday items, prices have finally changed little. Reported in constant euros, we can be classified : discount 50 €, median price 100 €, upscale 150 €, "modern chic" and artists decorators ... An opportunity to see prices of Gascoin, Prouvé, Perriand, Hauville, Hitier, etc.

samedi 19 mai 2012

Concours 1954-55 // Ministère de la Reconstruction

stands de Pierre Cruège et de Pierre Broc au Printemps, meubles du concours CTB-MRL de 1954

En fin d'année 1954, le mobilier Reconstruction passe en mode automatique. Le Décor d'aujourd'hui (numéro 92, pp. 130-136) signale que "les organismes officiels s’occupent enfin des créateurs de meubles" et présente un article très illustré. "Le Ministère de la Reconstruction et du Logement et le Centre Technique du Bois ont sélectionné avec clairvoyance de très intéressants ensembles au Concours du mobilier de série qu'ils avaient eu le mérite d'organiser il y a plusieurs mois. Il était imposé aux concurrents la réalisation d'une chambre à coucher ou d'une salle de séjour pour le prix modeste et fort surprenant de : 75.000 fr pour la chambre à coucher, 75.000 fr pour la salle de séjour. Les ensembles réunis dans ces quatre pages sont exposés aux Grands Magasins du Printemps. Il faut s'intéresser à leurs prix de détail car l'on trouve par exemple un bahut à 29.500 fr, ou des chaises à l.925 fr." Après divers reports, l'échéance tombe le 14 septembre 1954. Les lauréats et quelques candidats sont présentés avant même d'obtenir un stand officiel au salon des arts ménagers en 1955 (dans les minuscules maisons Courant). Les amateurs remarquent quelques noms : il s'agit des frères Perreau ou de Roger Landault (cf. Roger Landault // style Hard French). Il faut aussi analyser un glissement car le premier prix remis à Pierre Cruège récompense un style plus maniériste que rationaliste. De même, la chaise Landault s'inspire d'innombrables modèles préexistants, mais elle s'avère être la plus simple et la plus économique. Rappelons que l'aménagement complet du logement - de l'armoire de chambre jusqu'à la brosse à vaisselle - était limité à 260.000 francs (env. 5.000 euros), somme allouée par l’État à un couple sinistrés. Il faut cependant constater que la diminution des coûts poussent vers une relative fragilité. Les épaisseurs rompent définitivement avec le rustique ou le cossu (qui garantissait un usage pluriséculaire), pour adopter une finesse "métastable" dans des bois plus fragiles... Concernant ces produits nouveaux, la critique n'évoquent plus vraiment le confort, ni la "robustesse", mais parle de chaises "sur lesquelles on peut espérer s'asseoir longtemps en toute sécurité". Le ton révèle une condescendance pour un "autre public". Un trimestre plus tard, le Salon des arts ménagers présente ces mêmes meubles dans les microscopiques Maisons économiques et familiales alors que les galeries du Printemps exposent les fastes d'un chic Knoll (Knoll // Printemps 1955). La rupture est brutale. Désormais, le "style Reconstruction" est un "économique et familial", bientôt un "style HLM"... Que l'on va renier de la même manière que l'architecture, dans un silence qui se prolonge encore.

As a Polaroid (now integrated in the Picasa photo software), the reconstruction style slides into automatism. At the end of 1954, an article illustrated (Décor d'Ajourd'hui, n°92) reports that officials organism (Wood Engineering Office, Ministry of Housing) organized a competition to define modern and economic models. In 1954, the winners are Herrmann and Cruège but also we discover Landault, Perreau, Broc, Broyard, Leloup, Martinet, Heutte, Levigne, Klein, Martinet. A year later, the Engineering Office (CTB) puts the price alone : and it is not the same choice ...

dimanche 13 mai 2012

Reconstruction du Havre // utopie intérieure


La donation à la Ville du Havre (serv. Unesco-Vah) des bulletins de la chambre syndicale des architectes, par Alain Brocard, nous donne le temps de découvrir quelques articles. On trouve ainsi un texte intitulé "Non, Le Havre n'est pas triste !" daté de janvier 1959 : le centre-ville du Havre semble vide alors que presque tous les sinistrés sont (enfin) relogés... Le problème évident est sa faible densité et la dispersion des habitants sur la périphérie mais les architectes veulent y voir un progrès lié à la qualité des logements reconstruits marquant l'âge d'or des "utopies intérieures" où le bien-être dans son chez-soi remplace l'urbain. Mais certains aiment encore les cinéma, la vie des des villes, et l'on découvre ainsi un célèbre café du Havre : Le Caïd...

Reception of modern architecture is so difficult in Le Havre, sad reputation of the city is not a news and Bulletin of Le Havre Architects realize this point in 1959. President of the architects in Le Havre defends his town and we offer a few articles detail photographs of the modern city: interiors of cafes (Le Caïd), cinema...

jeudi 10 mai 2012

Restaurant témoin // La Saladière de Matégot

façade du restaurant la Saladière, via Joie et beauté dans la maison, p.29

Toujours pour illustrer la rupture de 1955, la création à Paris du restaurant la Saladière : les végétariens, végétaliens et amateurs de smoothies découvriront que cette tendance alimentaire n'est pas si neuve. On parle alors d'un "restaurant témoin", le premier du genre et il se doit donc de marquer la surprise dans un kitsch moderne où les couleurs retentissent sur fonds noir et doré, les formes étonnent, la légèreté se fait omniprésente... On est loin de l'auberge aux nappes Vichy et à la nourriture carnée bien cuite et copieusement saucée ! On est même - très exactement - à l'opposé...

Always to illustrate the rupture of 1955, creation of the restaurant "La Saladière": vegetarians, vegans and smoothie lovers will find that this food trend is not so new. This is known as a "witness restaurant", the first of its kind and it should mark the surprise in a modern kitsch where colors echo of black and gold funds, forms astonish, lightness is omnipresent. The sunlight. A far cry from the rustic inn with Vichy tablecloths and eating meat cooked to perfection and copious downpour!

samedi 28 avril 2012

Jean-Baptiste Bouvier // Saint Ouen


stand de J.-B. Bouvier

Du changement ! A la célèbre adresse des puces de Saint-Ouen "Marché Paul Bert, allée 6, stand 91", nous découvrons désormais la galerie de l'artiste Jean Baptiste Bouvier (supermoderne), exposant le mobilier français d'après guerre. Le cercle s'élargit, et le mouvement s'accélère. Contrairement à l'usage, sa sélection ne va pas tant vers les objets du "Pop 1950's" qu'en direction des tons subtils, des bois clairs, de la simplicité et des finitions du style Reconstruction. René Gabriel, Marcel Gascoin, Roger Landault et Raphaël sont à l'affiche pour l'ouverture de la galerie - le premier week-end de mai... La question mérite d'être posée : qui est Jean-Baptiste Bouvier ?

Change to the famous address of Saint-Ouen flea Market "Paul Bert, went 6, stand 91", now we discover gallery of the artist Jean Bapiste Bouvier, exposing French postwar furniture. The circle widens, and the movement accelerates. Contrary to custom, his selection does not move towards the objects of "1950's pop" but towards subtle tones, light woods and simplicity of reconstruction style. A poster for the opening of the gallery (May, first weekend): René Gabriel, Marcel Gascoin, Roger Landault, Raphael... Question worth asking: Who's Jean-Baptiste Bouvier?

vendredi 20 avril 2012

Au Printemps // rustique et moderne


Découverte d'un petit catalogue de mobilier du Printemps daté du 27 avril 1938. Voici l'un des instants qui marque une première évolution vers un modernisme social... Jacques Viénot dirige alors la gamme "Stylnet" mais son influence est plus large dans ce catalogue : on y découvre par exemple la trace d'un "rustique moderne" qui s'affirme économique et fonctionnel, des modèles de René Gabriel (ou assimilés) et aussi l'un des points de diffusion du fauteuil Super-Knoll...

Reading a small catalog of furniture, Le Printemps, dated April 27, 1938: Here's one of the moments that mark the assertion of a modern social ... Jacques Viénot then headed the range "stylnet" but its influence is wider. We discover the rustic design of a brand becoming functional interpretation of René Gabriel research and also one of the places selling Super-Knoll armchair ...

vendredi 6 avril 2012

Un nouvel art d'édifier // Manifeste d'Esprit

Olivier Mongin par André Scobeltsine (via undessindeplus)

Un hommage au dernier numéro de la revue Esprit (mars-avril 2012) qui, en article d'opinion, contient un "manifeste" concernant l'architecture contemporaine, signé André Scobeltsine, Nicolas Duru et Bernard Sournia. Ouvert aux "amateurs de villes et d'architecture", il offre une amusante proximité avec Bruno Latour qui affirme la nécessité de "designer" pour rester modeste et comprendre que l'on transforme sans inventer vraiment. Ici, le vocabulaire est tout à l'opposé mais le propos reste le même... Il s'affirme avec une puissance d'architecte : sortons d'urgence de l'abstraction et remettons le métier sur les rails. Voici résumé au minimum l'article, car il faut acheter ce numéro d'Esprit...

A tribute to the review Esprit (2012, March-April) which contains a "manifesto" about contemporary architecture, writing by André Scobeltsine, Bernard Duru and Nicolas Sournia. Open to the "lovers of architecture and cities". A proximity with Bruno Latour which affirms "design" to stay honnest and understand that one without inventing really transforms. Here, vocabulary is opposite but purpose remains the same ... It says with the power of an architect: get out abstraction and put back the business on tracks. An article abstract, because you must buy this review...

lundi 2 avril 2012

Bruno Latour // moralité du design

Bruno Latour, conférence avec Mark Jarzombek, 2010, par jean-Baptiste Paris sur Flickr

Philosophe du design, Bruno Latour est connu comme spécialiste des intraduisibles science and technology studies (STS). Il expose cinq avantages à "designer des choses" pour enfin rompre avec le préjugé supposément moderne de la "fabrique des objets". Traduit de l'anglais à partir de People&place, plus qu'un petit texte dans une minuscule matière, c'est un singulier guide de voyage par-delà des frontières de la French Theory qui nous est offert, en compagnie d'un Prométhée paradoxalement sage et prudent... sens du détail, conscience de la réception, de la dimension morale voire plus largement d'un "système fermé"... Suivant ce regard, soyons certains que le moment de la Reconstruction ouvre une histoire plus riche, plus complexe, plus humble et tellement plus belle que le récit linéaire des évidents "progrès" techniques ou artistiques du modernisme radical !

Now regarded as the philosopher of design, specialist of science and technology studies, Bruno Latour exposes five advantages for a lucidly non-modern "design things" and finally break with the blindly modern "building objects". Translated english to french from the site People & up. Travel in the land of the French Theory in the company of a wise and cautious Prometheus...

dimanche 1 avril 2012

Henri Lancel // Printemps 1954

Henri Lancel, maison des Grands magasins du Printemps - 1954

Au milieu des années 1950, en France, les villas modernistes poussent en bord de mer, de fleuve ou de forêt, mais elles sont encore trop rares pour inspirer la Villa Arpel dans Mon Oncle de Jacques Tati. Par contre, dès 1954, un jeune décorateur et architecte de formation, Henri Lancel, présente dans les Grands magasins du Printemps une maison qui va marquer les esprits : chemin de pierre, entrée vitrée et poirier courant sur le mur sont les preuves accablantes de sa parenté avec la Villa Arpel... Là nait un kitsch où l'idéal du Mouvement moderne se transforme en "modernisme", quand les formes dites pures, rationnelles, ergonomiques (souvent imaginées avant-guerre) s'utilisent comme des ornements - un regard critique que Jacques Tati est très certainement le premier à poser, du moins sous forme d'humour !

1956 in France, modernist villas starting to build around the beaches, rivers or forests, but they are too rare to inspire "Villa Arpel" of Jacques Tati in the film Mon Oncle. By cons, two years ago, the young designer Henri Lancel, architect, presented in the Grands magasins du Printemps, a home that will make an impression: stone path, glass in entrance and pear along the wall are the overwhelming evidence of kinship ... Here is born a kitsch, indicating ideal of the Modern Movement is transformed into "modernism" - where the forms called "pure" and "rational" are used as ornaments. Jacques Tati is one of the first in the world to understand that!

mercredi 28 mars 2012

Henri Lancel // Lévitan 1955

catalogue Lévitan, 1955

La fin de la modernité sociale correspond à son assimilation effective par l'industrie et les grands magasins de meubles, phénomène qu'accompagne une lassitude de la critique face à la banalité des modèles primés par le ministère (Centre technique du bois // concours 1954 & 55) et une fascination pour le modernisme états-unien (Knoll France // Printemps 1955). Alors qu'architectes et décorateurs font leur shopping chez Knoll, les fabricants de meubles s'approprient la Reconstruction en tant que "style". En 1954, Henri Lancel crée plus de 150 modèles et une maison préfabriquée en bois pour les grands magasins du Printemps (Henri Lancel // Printemps 1954). En 1955, il dessine une centaine de meubles pour "Lévitan jeune" ("boilavable" et "boimétal") où l'on retrouve les marques de ses prédécesseurs. Toutefois, contrairement aux difficultés que présentaient les premières recherches, l'industrie lui offre la possibilité d'innombrables variations grâce à ses moyens d'usinage et ses budgets. À la différence de René Gabriel, Jean Prouvé, Marcel Gascoin, qui ont consacré leur vie à affiner un seul modèle optimisé pour "la série", Henri Lancel n'a besoin que de quelques mois pour en créer des dizaines concrètement produits par l'industrie. Inutile de s'acharner sur un détail, une finition, une matière, une méthode, ces petites économies n'ont plus aucun sens. Les créateurs perdent alors leur légitimité pour revendiquer une forme vraie adapté à l'industrie : elle n'existe pas. L'illusion du Bauhaus n'est plus possible et la modernité se trouve ainsi condamnée à devenir un style. Le "mobilier industriel" retrouve sa légitimité et reprend ses habitudes d'imitation, le copiage reposant désormais sur le moderne (qui remplace l'ancien) : si certains meubles de Lancel sont de véritables créations, la plupart apparaissent comme des copies ou mixtures (le bureau 953 est, par exemple, à mi-chemin de Jacques Hauville et d'Alain Richard). Quoiqu'il en soit, la création réside moins dans l'invention d'un langage moderne que dans la manipulation d'une grammaire moderniste pré-inventée. Le créateur de modèle de série n'est plus un maître dont la signature graphique est reconnaissable mais un grammairien anonyme qui sait se saisir des inventions graphiques passée pour en faire la synthèse dans une gamme (au service d'une marque)...

1955: Reconstruction style is dying and the light wood passed into disuse among creators, industry takes hold of this last trend that had been designed just for that. Among the brands in that capture, Levitan is one of the first, after undertaking Henri Lancel. Thus were born the lines "boilavable" and "boimétal" ... Included lessons of Gascoin, Bessie, Landault, Hauville, Hitier, etc.. If reporters initially shows her enthusiasm, then soon forgets: so too much, although it is acknowledged that good taste finally enters into mass market ...

jeudi 15 mars 2012

Architecture d'urgence // histoire à écrire


baraquement près du Bassin du Roy, Le Havre, fonds des Musées historiques

Sur ce blog, le libellé urgence donne accès à une série d'articles consacrés aux logements et aux meubles d'urgence en France, après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Rappelons juste que les sinistrés sont alors les plus nombreux dans toute l'histoire des catastrophes dites humaines ou naturelles (10.000.000 d'Européens). Une histoire qui, justement, n'a jamais été écrite et semble ne pas vouloir se transmettre dans un refus d'envisager l'inimaginable ! Et l'on reproduit donc toujours les mêmes erreurs...

On this blog, the label urgence gives an access to a series of articles devoted to emergency housing and furniture in France, after the World War II. Just remember that victims are the most numerous in history of human and natural disasters (10 million Europeans). A continental story, precisely, was never written and seems not to want to convey in a refusal to imagine the unimaginable! Then we redo the same mistakes ...

mercredi 14 mars 2012

René Gabriel // chaise économique

plan des archives nationales et l'une des chaises de la collection GG

Voici une pièce de musée (si ce musée existe un jour) : une chaise pour sinistrés réalisée conformément au plan n°103 signé René Gabriel après une commande ministérielle en 1943 (passons provisoirement sur ce point). Difficile de faire plus économique car les temps sont très lourds en France... Petite taille, mini pièce de bois, assise en caillebotis, découpes ultra simples - seul l'élément avant du siège étant adouci. Voici la chaise minimale !

Here is a museum piece (if this museum is one day): a chair made ​​for disaster victims in accordance with plan No. 103 signed René Gabriel after a ministerial order in 1943. Difficult to make more economic because times are very heavy in France ... Small mini piece of wood, slatted base, cuts ultra simple - only the front element of the seat being softened. Here the minimum chair!

lundi 12 mars 2012

Elias Svedberg // Nordiska Kompaniet

Elias Svedberg, mobilier présent dans le logement témoin de Malmö, 1944, d''après le Sörmlands Museum

Comme beaucoup de créateurs qui ont inventé le design, animés par la qualité et la démocratisation, le nom d'Elias Svedberg est aujourd'hui caché derrière des icônes plus "visibles". Sous prétexte d'une sobriété et d'une discrétion que l'on regarde comme intemporelle, nous avons oublié que cette "simplicité évidente" est une invention, dotée d'une histoire. Faisons abstraction du luxe ostentatoire et du formalisme artistique pour regarder ces premiers meubles de série : chaise pour s'asseoir ou fauteuil pour se détendre -point- sans prétention mais avec qualité, solidité, et finitions... parfaites. Images piochées au hasard du web et des archives qui nous indiquent la source d'inspiration de quelques créateurs français comme Jacques Hauville.

Like many artists who really invented design in the interests of quality and democratization, the name of Elias Svedberg has now passed into the background. Under pretext of simplicity and discretion you look too obvious now, we have forgotten that this "apparent simplicity" is just a great invention which has a history. Forget the luxury materials and artistic formalism to watch the furniture: chair to sit on or chair to relax-point unpretentious but with the quality, strength, and perfect finishes.

samedi 10 mars 2012

Jacques Viénot // Starting point


Jacques Viénot... Point de départ de ce blog (Art Présent n°1 // Reconstruction), personnage inimaginable, porteur du modernisme social et du design industriel. Merci à Eric pour ce cadeau utile : La République des arts, texte de 1938-1939. Le ton est vif, le quiproquo inévitable sachant que l'ouvrage n'est publié qu'en 1941 : une dédicace trop brève, une préface à double sens... En voici quelques passages que je vais recopier au fur et à mesure de la lecture, lentement. Connu pour être l'annonce de son action future, ce texte - sous l'écriture d'une conversation classique - est tout sauf classique. A lire avant : designethistoire

Jacques Viénot ... Starting point of this blog, character unimaginable, bearer of social modernism and "industrial design". Thank you to Eric for this useful gift: The Republic of Arts, 1938-1939 text. The tone is lively, the inevitable misunderstanding knowing that the work is published in 1941: a brief dedication, In Memoriam ... Here are some passages that I will transcribe as and when reading. Known as announcement of future, . Read first: designethistoire

mardi 6 mars 2012

Gustave Gautier // tables gigognes

tables gigognes de Gustave Gautier, collection GG

Dans le paysage des créateurs de la Reconstruction, Gustave Gautier (cf. biographie sur Docantic) s'associe à l'idée de robustesse en utilisant de larges sections de chêne et de solides assemblages. Cependant, il existe un domaine où il allège avec bonheur ses lignes : les "petites tables volantes" gigognes servant de porte-plantes ou de dessertes. Il donne ainsi sens à ce type de tables souvent plus décoratives qu'utiles... Un bref historique et quelques photographies.

Among the designers of Reconstruction, Gustave Gautier (see biography on Docantic) supported the idea of ​​robustness using large sections of solid oak and assemblies. However, there is one area where it lightens with happiness his lines: "small nasting tables" using pull-door plants or cofee tables. A brief history and some photographs from the GG collection.

samedi 3 mars 2012

Knoll France // Printemps 1955

Article du Décor d'aujourd'hui, n°94, 1955

L'année 1955 est celle d'un basculement dans la création. Tout d'abord, les décorateurs et architectes de la reconstruction disparaissent définitivement des revues de décoration (cf Style Reconstruction). Ensuite, la représentation des intérieurs évolue brutalement : fini le temps du logement moyen, retour sur l'appartement du notable, la villa de l'artiste, la maison de campagne et l'objet hors de tout contexte. Pour illustrer ce changement, voici une belle série de photographies en couleur puisées dans le Décor d'aujourd'hui autour d'un événement-clef : l'exposition Knoll "Sens de l'espace et de la couleur" aux grands magasins du Printemps. Entrons dans les paradoxes d'un design à la fois kitsch et moderne (voir la revue du design).  Knoll s'impose dans un paysage créatif encore relativement tranquille. Si l'ouverture du premier magasin de la marque en France (rue de l'Abbaye, 6ème arrondissement) apparaît relativement discrète en 1951 et n'influence qu'une petite frange de clients et de créateurs de la Rive Gauche, l'exposition du Printemps est très remarquée : regardée de loin, elle fait l'effet du bouquet final dans le feu d'artifices de la modernité... On est désormais très loin du modèle social de quelques créateurs utilitaristes. A partir de ce moment, les décorateurs ne vont plus se sentir obligés de mettre dans un contexte réaliste leur mobilier et vont se fixer sur les effets photographiques, les jeux d'ombres, les perspectives, les mosaïques de couleurs, soit valoriser un meuble-objet en tant que tel, sans se soucier du reste. L'esthétique gagne ainsi sur le côté pratique et la position n'est plus obligatoirement fonctionnelle car le meuble s'impose comme une sculpture ou un objet d'art, à l'image de cette série de chaises jetées au hasard dans un grand jardin. C'est l'heure du "chic Knoll" qui va totalement bousculer la valeur d'élégance discrète de l'art décoratif car le prestige n'est désormais plus celui du sobre, du classique et du fonctionnel mais il est déterminé par la forme sculpturale, décorative et inventive du meuble-objet. Les jeunes décorateurs français semblent en avoir le souffle coupé. Alors que le style Reconstruction se retire, toute la jeune génération implante un élément Knoll dans son décor : discrète T-angle, gros Womb chair ou inévitable fauteuil Bertoïa... Jacques Hitier montre un bel exemple de cette fascination nouvelle. Alors qu'avant l'exposition il rénove le logement d'un particulier en utilisant des meubles de style, peu après il présente un appartement avec des meubles Knoll. L'effet graphique est puissant et c'est le succès immédiat puisque son ensemble fait la couverture des Intérieurs modernes de Charles Massin (édité en 1956).

The year 1955 was a shift in French decoration. First, the designers' style reconstruction "disappear almost entirely of decorating magazines. Secondly, that furniture is changing over time housing-type staged. The event that marks this change is the exhibition Knoll: the creators do not will recover, and will automatically add an icon-Knoll furniture in their decoration ...

lundi 20 février 2012

Guy Lagneau // école Paul-Bert (2/2)

[  r u b r i q u e   :   p a t r i m o i n e   a r c h i t e c t u r a l   d u   H a v r e ]
via Ensembles et meubles (p.94)

Petite découverte faisant suite au premier chapitre consacré à l'école Paul Bert (Guy Lagneau // école Paul-Bert 1/2) : un article d'Ensembles et meubles où figure le numéro 76 du Décor d'Aujourd'hui daté du début de l'année 1953 avec de nouvelles photographies de ce groupe scolaire à la pointe des recherches du moment. On y retrouve le mobilier Gascoin mais aussi des frises de Raynold Arnould - peintre de la Nouvelle école de Paris et futur conservateur du Musée Malraux... Ci-après, trois illustrations pour compléter le précédent article.

Discovery following the first chapter about Paul-Bert School: an article of Ensembles et meubles (1954-1955) containing photographs of this new school complex at the forefront of contemporary research. It includes Gascoin furniture but also friezes of Raynold Arnould - painter of New Paris school and future director of the Art Museum in Le Havre ...